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(Paru dans les Actes du Colloque des Doctorants Francophones, tenu à l'Université de Bucarest, les 17-18 juin 2002, textes réunis et édités par Lidia Cotea, Bucarest, Credis, 2003.)

 

La Queste del Saint Graal, roman en prose du XIIIe siècle, nous livre une représentation de la couche guerrière presque transformée en sacerdoce: la chevalerie celestielle[1]. On a longtemps considéré que ce roman trace une ligne de démarcation entre la chevalerie arthurienne terriene et celle qui se définit à travers la quête du Graal. Ce roman qualifié de didactique, où transparaît l'austérité cistercienne, parle d'un type de chevalier qui se donne à Dieu, en quittant le service du roi ainsi que les autres chevaliers de la Table Ronde, d'un guerrier ayant fait voeux de chasteté et menant une vie proche de l'existence monastique, d'un être éperdument amoureux de Dieu et voué corps et âme à une quête de la sainteté[2]. Cette vocation à la sainteté devient de plus en plus transparente dans le Tristan en prose, où Galaad est appelé à plusieurs reprises le "saint chevalier". La Queste et le Tristan en prose semblent être les seuls romans où l'idéal de la chevalerie celestielle est réellement présent. Dans cette communication nous tenterons de montrer que les traits qui forment la représentation de la chevalerie celestielle peuvent bien surgir à travers des romans où l'on s'attend le moins et que l'on ne peut pas séparer de manière tranchante chevalerie celestielle et chevalerie terriene.   

Enracinée dans les temps bibliques, annoncée pour la première fois par le cycle romanesque de Robert de Boron, cette nouvelle chevalerie se définit par opposition à la chevalerie terriene, vouée au plaisir des armes, au service du roi et des femmes, à la gloire mondaine. Il semblerait, ou du moins c'est la conclusion que l'on peut tirer lors de la lecture de la Queste, que la chevalerie terriene est avant tout la couche des guerriers soumis au souverain et que pour intégrer les rangs de la chevalerie celestielle il faut tourner définitivement le dos au monde, au roi et à tout conflit de nature sociale ou politique.

Néanmoins, dans le Tristan en prose, l'expression "chevalerie celestielle" recouvre une représentation différente sur ce point: dans ce texte, le combattant le plus susceptible d'atteindre cet idéal de la chevalerie celestielle, Galaad, vole au secours du roi Arthur qui était attaqué par le roi Marc. Le "saint chevalier" se mêle dans un conflit des plus terriens, d'autant plus que la cause essentielle de cette guerre est l'adultère de la reine Iseut et la sympathie d'Arthur pour Tristan. Pourquoi Galaad décide-t-il d'aider Arthur par les armes? La raison n'est évidemment pas de nature politique: le chevalier juge le roi de Logres digne de son aide parce que son royaume est très chrétien[3]. Sans qu'entre la royauté et la chevalerie celestielle s'établissent des rapports de force, nous constatons que les deux systèmes de valeur ne sont pas incompatibles. Dès lors nous pourrions difficilement affirmer que la vision sur la chevalerie celestielle est uniforme, même dans les textes où elle est désignée littéralement.

De même, on répète à l'envie que la chevalerie celestielle émerge et se démarque de la chevalerie mondaine en rapport avec la quête[4] du Graal. C'est là une approche dont nous essayerons de dégager le caractère limitatif.

Afin de montrer à quel point il serait simpliste et superficiel de réduire la chevalerie celestielle aux seuls romans où elle est nommée en tant que telle, et à quelle point il est difficile de tracer une ligne de frontière au-delà de laquelle commencerait la chevalerie celestielle, nous suivrons le parcours d'un héros qui passe pour être le parfait représentant de la chevalerie terriene dans les textes arthuriens: il s'agit de Gauvain, le neveu d'Arthur[5]. Dans la Queste, il est le représentant le plus éloquent de cette couche guerrière sans Dieu et sans transcendance, alors qu'à l'opposé se retrouve Galaad, le chevalier élu, le chevalier parfait.

La tradition romanesque, dès Chrétien de Troyes, nous présente Gauvain, comme un personnage superficiel, un chevalier vaillant, mais incapable de dépasser le système de valeurs d'ici-bas. Dans Le Conte du Graal ses aventures comportent une grande charge de ridicule et de comique par rapport aux exploits de Perceval[6]. Dans la Queste, Gauvain n'arrive jamais à comprendre le vrai sens de la recherche du Graal et il reste aveuglé tout le long du roman, à un tel point qu'un ermite lui conseille de rentrer à la cour du roi. Enfin, dans la Mort Artu, le neveu du roi est l'instigateur à la guerre et ses propos envenimés sont l'une des causes de la destruction du royaume de Logres. Parent le plus proche du roi, gardien de la justice royale, Gauvain devient pour la tradition romanesque le partisan de la faide primitive et grand nombre de textes le placent sur le devant de la scène juste pour faire de lui un charmeur, un éternel galant, variante médiévale de don Juan. 

Un roman comme Les mervelles de Rigomer montre à quel point ce mélange de traits entre les deux représentations rend arbitraire toute tentative de trancher la question. Gauvain et Lancelot se trouvent à la recherche de Rigomer pour mettre fin au enchantements de ce royaume. L'objectif, celui d'exorciser la terre de Rigomer en Irlande, est déclaré par Gauvain: 

 

"Ançois vos vel faire a entendre

Que jou i ving por asomer

Les mervelles de Rigomer."[7]

 

En dépit de la ressemblance de ce passage avec celui qui parle des enchantements de la terre de Bretagne qui devraient cesser lorsque le héros du Graal aura accompli sa mission[8], nous sommes d'abord tentés de rattacher Gauvain à la chevalerie terriene. Le récit nous présente le chevalier en train d'être sauvé par la fée Laurie. Il est donc non seulement le neveu du roi: il est secondé par des forces qui relèvent du merveilleux celtique, par un être qui n'appartient pas à l'univers chrétien.

En outre, la fée est plus qu'une aide, puisque le texte nous dit que Gauvain l'aime. Le chevalier est d'une part l'homme du roi, de l'autre celui de la fée à laquelle il obéit. Quoi de plus éloigné de la chevalerie celestielle que le héros de Rigomer?

Néanmoins, lorsqu'on examine de plus près le personnage, on décèle en dépit de son appartenance "terrienne", des éléments qui témoignent de sa vocation à la sainteté. Il suffit d'analyser le comportement des êtres maléfiques de l'autre monde – puisque c'est à l'autre monde que  Rigomer renvoie - pour se rendre compte de son essence extraordinaire. La présence de la fée Laurie, si étrange qu'elle puisse paraître, fonctionne comme un lien entre le monde chevaleresque et l'autre monde. La fée devient la messagère du discours chrétien à plusieurs reprises dans le texte: structurellement elle se rattache à l'univers féerique pré-chrétien, mais fonctionnellement elle se place du côté du christianisme et elle aide le héros à vaincre le mal[9].      

Là où Lancelot se retrouve ensorcelé dans les cuisines de Rigomer, Gauvain passe sain et sauf. La réaction des êtres maléfiques de cet autre monde tellement redouté fait écho à plusieurs épisodes de la tradition arthurienne rattachée à la chevalerie celestielle. Examinons un instant l'épisode où notre chevalier doit affronter un serpent pour entrer dans Rigomer:

 

"Quant li serpens venir le voit,

Qui maint preudome ocis avoit,

Ne li fist pas samblant de mal,

Le tieste encline contreval

Et s'ajenoille et s'umelie;

Ce samble que merci li prie.

A son sens et a son pooir

A fait Gavain tout son voloi.

Quant Gavains le sierpent coisist,

Qui s'umelie et cois se gist,

Lors set et voit sans nule fale,

Qu'il pasera bien sans bataille".[10]

 

Le serpent, image transparente du démon, rappelle ici un autre démon qui se retire devant le passage d'un héros arthurien: il s'agit de Galaad qui chasse le diable de la tombe hantée sans devoir lui livrer combat:

 

"He! Galaad, serjant Jhesucrist, n'aproche plus de moi, car tu me feroies remuer de la ou j'ai tant esté. (…) Ha! Galaad, sainte chose, je te voi si avironné d'anges que mes pooirs ne puet durer encontre ta force: je te les le leu."[11]

 

Le même modèle narratif se retrouve dans Perlesvaus, lors du combat du chevalier contre le Noir Ermite, incarnation du mal absolu:

 

"La porte fu overte por lui recevoir car cil de leenz cuidoient bien avoir pooir de lui ocirre; mes tantost com il le virent, il en perdirent la volenté, e furent tuit mat e sanz poissance, e distrent que il metoient cest afere seur leu seigneur, qui forz estoit assez d'un home ocirre e poissanz."[12]

 

Néanmoins, tous ces épisodes-là ne sont rien d'autre qu'un écho à un rituel ainsi repris à plusieurs moments dans la fiction: la catabase apocryphe de Christ. Nos héros ne sont rien d'autre que des images du Seigneur qui brise les portes de l'enfer sans que les diables puissent lui résister et qui libère sans combat les âmes qui y sont gardées prisonnières, de la même manière que Gauvain dans ce cas libère les chevaliers ensorcelés à Rigomer:

 

"Les messagers du Maître lui dirent: « C'est le Seigneur, le fort, le vaillant, le Seigneur vaillant des combats.» A peine avaient-ils prononcé ces mots que les portes de bronze se fracassèrent, et les barres de fer se rompirent et tous les morts furent déliés des chaînes qui les retenaient, et nous avec eux. Et le roi de gloire entra, sous l'aspect d'un homme, et les ténèbres de l'enfer devinrent éblouissantes."[13]

 

D'ailleurs les habitants de Rigomer prennent Gauvain pour un saint:

 

"Par foi! Font il, cil n'a que dire

Cis est de tous les signors sire

Fors que de Diu, le roi celeste!

Des autres le doit il bien estre.

Ançois que cist jors soit pasés,

Avra tox les encans quasés."[14]

 

Tout comme Galaad qui accomplit des miracles aussi bien dans la Queste que dans la Tristan en prose, Gauvain voit venir vers lui la lance enchantée de Rigomer. Cet épisode fait écho à une autre scène du corpus arthurien: dans la Suite de Merlin, Balaain, le chevalier maudit, la cause de la déchéance du royaume de Listenois, touche la Sainte Lance et porte le coup douloureux qui tuera le roi Pelleham et marquera le début des aventures du Graal. A la différence de la lance de Rigomer, qui s'incline lorsque Gauvain approche, la lance dressée du royaume de Listenois devient une arme de destruction dans les mains d'un chevalier indigne comme Balaain.  La lance, dans les deux cas, marque un passage: dans la Suite Merlin, elle opère le passage de la grâce à la damnation:

 

"Ore comenchent les aventuez e lez mervaillez du roialme aventurus, qui ne remanderont devant que chierement serra achaté che la Seintim Lanche ont atouchez lez mains ordes e cunchies e ont navré le plus prodhome dez princez. Si en prendra li Hauz Maistrez sa venjance sor cheus qui ne l'ont pas deservi."[15]

 

          Par contre, dans Les Mervelles de Rigomer, l'épisode de la lance détermine les spectateurs à prendre Gauvain pour Dieu en personne:

 

"Lors dïent: C'est uns hom saintimes

Auqant dïent: c'est Diex meimes,

Qui de son regne est descendus

Por faire miracles ça jus."[16]

 

En outre, la fée Laurie le désigne comme le meilleur des chevaliers et, sur le plan religieux, il surpasserait en qualités le pape même:

 

"C'est tox li plus vaillans, qi soit!

Tant con Diex set et ot et voit,

Ne troveriés si vaillant hom.

Néïs l'apotole de Rome."[17]

 

Gauvain repousse le mariage avec la princesse de Rigomer, pour souligner le but supérieur de sa quête:

 

"Segnor, fait il, en ceste terre

Ne vin ge pas por faire guere

Ne n'i voel mie fame prendre"[18]

 

L'amour pour son prochain joue un rôle de taille dans la construction de la figure du chevalier de Dieu. La charité et la pitié sont des vertus qu'il est supposé avoir. Or Gauvain se montre peut-être plus sensible que Galaad dans la Queste, en manifestant une douleur profonde et aiguë à la vue de l'état pathétique où se trouvait Lancelot. Néanmoins, on peut mettre cette douleur sur le compte de l'amour qu'un chevalier a pour un compagnon d'arme. Par cet amour Gauvain reste rattaché au monde et à ses valeurs. Partisan des liens de sang dans la Mort Artu, Gauvain reste dans Les mervelles de Rigomer le prisonnier de ses faiblesses strictement humaines et c'est là un trait qui l'intègre dans les rangs de la chevalerie terriene:

 

"Mais ne porquant ot grant dolor

Del franc chevalier de valor

Por çou que si estoit pau saves,

Orre en repleure a caudes lames.

Mout se cange ore en petit d'eure,

Quant ore rit et ore pleure.

Ainc dire ne conter n'oi,

De que Gauvains d'enfance issi,

Que il plorast por mescaance

Ne por mal ne pot mesestance

Ne por nul mescief q'il eust,

Ne por prison, u il jëust;

Mais por Lanselot a ploré"[19]

 

Le parcours de Gauvain, tout comme celui de Galaad dans la Queste, n'est pas évolutif. Dès le début de ses aventures, il est présenté comme une sorte de chevalier prédestiné, pourvus de toutes les qualités et de la grâce divine:

 

"Ausi vos di jou que Gavains

Es li abres et foille et rains,

C'est la seve, c'est li racine,

C'est li flors qui tot enlumine,

Ço est li fruis tous mëurés;

Car mesire Gavains est tes

Qu'en lui ne faloit nule rien;

Enluminés ert de tous bient."[20]

 

Le symbolisme de ce passage est assez clair. D'un côté, Gauvain est le chevalier de Dieu comblé de la grâce et destiné à accomplir les aventures de Rigomer qui sont censées mettre fin aux enchantements. La lumière qui se rattache à sa personnalité renvoie justement à cette idée de grâce céleste[21]. La composante végétale qui apparaît dans ce passage caractérisant le héros rappelle, certes, par opposition, les paroles d'un ermite sur Lancelot, le réprouvé de la Queste, qui est appelé: "plus durs que pierre, plus amers que fuz, plus nuz et plus despris que figuier."[22] D'autre part, si nous pensons aux significations de la fleur dans l'exégèse, l'une de ses acceptions est le pouvoir royal: une fleur est incrustée sur la couronne de David, signe de son pouvoir royal et du prestige dynastique[23]. Or Gauvain est le neveu d'Arthur, la fleur de la cour arthurienne, la force de la monarchie de Bretagne. Dans ce passage transparaît la double nature du héros: un chevalier de Dieu, un élu du Seigneur prêt à intégrer les rangs de la chevalerie celestielle, mais aussi la main droite de la royauté. D'ailleurs c'est vers la cour qu'il revient à la fin du roman, une fois qu'il a soumis et exorcisé le royaume de Rigomer au nom d'Arthur.

Par ailleurs, une précision s'impose: les qualités innées de Gauvain faisant de lui un personnage d'exception le rapprochent, comme nous l'avons déjà souligné de Galaad tel qu'il apparaît dans la Queste. Néanmoins, nous ne pouvons pas ignorer la vision sur le Bon Chevalier qui nous est livrée par La Suite de Merlin:  

 

"Comment! Damoiselle, fait messire Yvain, si avra il don’t en cest royaume un tel chevalier qui metra a fin totes les aventures ou nous autres faldrons? – Ainsi, fait elle, aviendra, car ainsi le convient a estre. – Et fera il, fait il, ceste chose par proesce, de lui ou par anchantements? – Par anchantements, fait elle, ne sera mie ne par force d'ennemy, ains sera par sa valeur et par sa proesce, car Nostre Seigneur le fera si vertueux et de proesce et de valeur et de toutes bonnes meurs qu'en tout le monde, tant come il dur, n'avra a son vivant chevalier si gracieux."[24]

 

          Ce passage mérite une discussion plus approfondie en rapport avec notre héros du Rigomer. Le texte nous livre deux notions-clef qui régissent le système de valeurs d'Yvain et, avec lui, des chevaliers de la Table Ronde: la prouesse et les enchantements. La vaillance, qualité guerrière par excellence, semble rester au centre de l'univers d'Yvain, tout comme elle définit tout le monde de Gauvain dans la Queste. Et, bien évidemment, là où la prouesse manque, la réussite doit être forcément la conséquence de quelque phénomène merveilleux. Le système de valeurs simple et naïf dont on entrevoit l'ébauche à travers le discours d'Yvain est structuré autour de ces deux pôles. A cette représentation s'oppose la réponse de la demoiselle qui lui parle des qualités morales et de la vertu du Bon Chevalier qui viennent compléter la prouesse et la vaillance au combat. Si l'on compare Gauvain dans Rigomer au Bon Chevalier de la Suite de Merlin, on constate que les enchantements bannis dans la deuxième représentation font surface de manière biaisée  – la présence de la fée Laurie - dans la première. 

            Nous pouvons donc conclure que les traits de la chevalerie celestielle telle qu'elle apparaît dans les romans en prose du XIIIe siècle se retrouvent de manière fragmentaire dans les romans en vers et qu'ignorer les nuances qui articulent la dichotomie "chevalerie terriene – chevalerie celestielle" nous déterminerait à fausser la compréhension même du texte.

 


[1] E. GILSON a bien montré que la quête du Graal est plutôt un voyage vers la grâce du Saint Esprit. (cf Les idées et les lettres, Paris, Vrin, 1965, p. 59-91.)

[2] L'un des passages fondamentaux pour une définition de la quête menée par le chevalier qui aspire à intégrer les rangs de la chevalerie celestielle nous livre cette idée de recherche spirituelle prioritaire: "Si ne devez mie cuidier que ces aventures qui or avienent soient d'omes tuer ni de chevalier occire; ainz sont des choses esperituex, qui sont graindres et mielz vaillant assez." (cf Queste del Saint Graal, éd. A. PAUPHILET, Paris, Champion, 1965, p. 161.)

[3] "Et seroit trop grans damages se ce avenoit, car il veoit que a celui tans n'estoit Sainte Eglyse tant houneree comme el roiaume de Logres ne el monde n'avaoit pas tant de boins chevaliers conme il i avoit adont." (Tristan en prose, éd. L. HARF-LANCNER, IX, Genève, Droz, 1997, p. 91.)   

[4] A vrai dire l'idée de quête apparaît plutôt comme un prétexte, elle a l'air d'une véritable montée sur l'échelle de Jacob. Chaque monstre tué en cours de route est l'équivalent du monstre écrasé par sainte Perpétue dans sa vision sur l'échelle: "«Perpétue j'attends, mais prends garde que le dragon ne te morde.». Je répondis: «Il ne me fera pas de mal, au nom de Jésus-Christ.» Comme s'il m'eut crainte, le dragon leva lentement la tête et, m'élançant comme pour gravir le premier échelon, je la lui écrasai et je montai.", cf Passio sanctarum Perpetue et Felicitatis, in The Acts of the Cristian Martyrs, H. Musurillo, Oxford, 1972, p. 111-113, cité par C. HECK, L'échelle céleste dans l'art au Moyen Age, Paris, Flammarion, 1997, p. 44-45.

[5] Pour le personnage de Gauvain dans la littérature nous renvoyons à la belle étude de K. BUSBY, Gauvain in Old French Literature, Amsterdam, Rodopi, 1980.

[6] Voir à ce propos l'article de N. LACY, "Gauvain and the Crisis of Chilvary in the Conte du Graal" dans The Sower and his Seed: Essays on Chrétien de Troyes, Lexington, French Forum, 1983, p 158 sq.

[7] Les Mervelles de Rigomer, éd. W. FOERSTER, Niemeyer, 1908, p. 436. Toutes les citations appartiennent à cette édition.

[8] Le topos de la fin des enchantements se retrouve dans le Didot-Perceval, éd. W. ROACH, Philadelphie, University of Pennsylvania Press, 1941 et également dans la Suite du Roman de Merlin, éd. G. ROUSSINEAU, Genève, Droz, 1996.

[9] A. GUERREAU-JALABERT souligne d'ailleurs ce caractère exceptionnel de la bonne fée qui, dans les textes arthuriens s'intègre dans les représentations chrétiennes et facilitent la communication du héros avec l'au-delà. D'ailleurs A. Guerreau-Jalabert rattache l'existence des fées auprès des chevaliers de la Table Ronde au mouvement de spiritualisation, dans un sens chrétien, de la chevalerie (cf  "Fées et chevalerie: observations sur le sens social d'un thème dit merveilleux", in Miracles, prodiges et merveilles au Moyen Age, XXVe Congrès de la SHMES, Orléans, juin 1994, p. 143.)

[10] Rigomer, p. 409

[11] Queste, éd. citée, p. 36.

[12] Perlesvaus, éd. W. A. NITZE, Chicago, The University of Chicago Press, 1932, l. 9969-9974.

[13] Actes de Pilate, in Evangiles apocryphes, trad. par F. QUERE, Paris, 1983, p. 156.

[14] Rigomer, p. 429.

[15] Suite de Merlin, éd. citée, p. 161.

[16] Rigomer, p. 431. C'est nous qui soulignons.

[17] Ibidem, p. 435.

[18] p. 436.

[19] p. 415. Cette scène, où transparaît l'attachement de Gauvain pour Lancelot, rappelle la quête de Lancelot par Gauvain dans le Lancelot en prose. Dans ce roman, Gauvain n'hésite pas à élever l'entreprise au rang de quête sainte: "Seignor chevalier, qui ores voudra entrer en la plus haute queste qui onques fust aprés celi do Graal, si veigne après moi. Huy es toz li pris e tote l'enors do monde apareilliee a celui cui Dex fera aventureus de la haute troveure…" (éd. F. Mosés, Paris, 1991, p. 778).

[20] Rigomer, p. 313.

[21] Pour une analyse du symbolisme et de l'esthétique de la lumière aux XIIe-XIIIe siècles nous renvoyons au chapitre d'E. de BRUYNE, "L'esthétique de la lumière" dans Etudes d'esthétique médiévale, L. IV, Brugges, Tempelshof, 1946, p. 3-30.

[22] Queste, éd. citée, p. 61.

[23] Maurice COCAGNAC, Simbolurile biblice. Lexic teologic, trad. par M. Slavescu, Bucarest, Humanitas, 1997, p. 27.

[24] Suite de Merlin, éd. citée, p. 477.

 

 
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