Inainte>>

 

2.4.2.1.  Les langues

           Lüdtke, 1998, p. 500, distingue trois grandes étapes dans les rapports entre le latin et les langues vernaculaires occidentales, étapes qui se sont déroulées dans chaque territoire roman à des moments différents:

·          Diglossie entre le latin (passivement accessible à tous les sujets par­lants) et les langues romanes occidentales in statu nascendi[1], sous des ma­ni­fes­tations décalées dans le temps et probablement non-identiques d’un territoire à l’autre.

·          Bilinguisme (pendant cette période il existe – dans les milieux où l’on sait lire et écri­re – deux manières distinctes d’exprimer le même conte­nu: en latin et en ro­man), qui prend appui avec la naissance des langues romanes et va jusqu’à la fin du XIIe siècle.

·          La période du latin − langue étrangère, après le XIIIe siècle, pendant la­quel­le le latin restreint graduellement ses emplois, vu l’accès à l’é­crit des langues vernaculaires, dans le domaine littéraire surtout, mais aus­si dans le domaine politique, admi­nis­tra­tif et même religieux. Le la­tin conser­ve sa fonction d’instrument d’ex­pan­sion à por­tée supra­ré­gio­nale et reste la prérogative de la haute érudition, de la pen­sée ju­ri­di­que, philo­sophique et scientifique, des manifestations de l’église et en gé­néral des documents officiels émanant d’organismes politiques (voir aussi Durante, 1982, p. 97).

Lüdtke, 1998, suggère qu’aux trois périodes correspondent trois ma­nières dis­tinc­tes dont s’exerce l’influence du latin: (i) la période des ‘dou­blets le­xicaux’ (licet dicas X scribe Y: causa / res; directum / ius; for­tia / vis), qui correspondent aux em­plois qu’en font les différents ni­veaux de lan­gue; (ii) la période où les mots appar­te­nant à la langue de la ‘distance’ ne sont plus en relation avec des mots appartenant à la lan­gue verna­cu­lai­re, ce qui rend possible l’emprunt, et où les mots appar­te­nant à la langue vernaculaire perdent la relation avec la tradition écrite et acquièrent des graphies qui attestent leur évolution[2]; (iii) la période où le latin, langue étrangère, est appelé à appuyer les nouveaux besoins de communication.

L’attestation des latinismes commence avec les premiers textes ro­mans, connaît des essors dans les périodes de ‘renaissance’ et continue après la victoire des langues romanes comme langues de culture.

A partir d’un corpus d’environ 7000 étymons, qui a en vue surtout les latinismes main­tenus jusqu’à aujourd’hui[3], voici un aperçu quantitatif de leur récep­tion par siècles; le pourcentage nous montre que – au moins se­lon l’information que nous avons mise à profit – les langues romanes ont eu recours aux latinismes à des époques différentes (ce sont proba­ble­ment les époques où le latin a été abandonné au profit des langues vul­gaires dans des domaines de plus en plus élargis), notamment:

 

 Tableau 1

 

ptg

esp[4]

cat

fr

it

roum

800 →

 

 

 

0,18

 

 

900 →

 

0,52

0,02

1,36

0,03

 

1000 →

 

0,14

0,07

2,57

0,10

 

1100 →

0,10

1,81

1,32

17,55

0,59

 

1200 →

5,00

11,42

6,52

18,82

19,50

 

1300 →

6,62

2,97

27,31

25,01

46,44

 

1400 →

9,52

31,26

14,44

11,52

7,95

0,05

1500 →

27,37

16,38

4,85

15,82

12,39

0,82

1600 →

13,23

16,40

12,53

2,64

6,24

6,58

1700 →

3,61

8,55

0,39

2,69

3,31

17,83

1800 →

17,88

5,96

17,11

1,44

2,57

24,85

1900 →

0,02

0,66

3,33

0,07

0,46

 

sans date

16,65

3,93

12,12

0,34

0,41

49,87

 

Le tableau ignore une série de données qui seraient importantes pour une évaluation réelle, notamment:

·          il y a des termes pour lesquels les dictionnaires ne men­tion­nent pas la date de la première attestation (de 0,34% pour le français, jus­qu’à 16,65% pour le portugais et presque la moitié pour le roumain);

·          la première attestation offerte par les dictionnaires n’est pas toujours réelle, pouvant être remplacée dans la mesure où des textes nouveaux sont mis à profit;

·          la première attestation ne coïncide pas obligatoirement avec la dif­fu­sion du terme dans la langue; à part cela, dans bien des cas, un emploi est isolé dans la période du premier em­prunt et le mot est repris (ré­em­prun­té) plus tard[5] (ce sont les dictionnaires étymo­lo­gi­ques du français et de l’italien qui sont plus riches dans ce type de renseignements):

           Il s’agit, par exemple, pour le français[6] (selon DHLF) de: acceptio, XIIIe s., repris en 1694; admittere, XIIIe s., repris en 1508; adnotator, annotator, 1552, repris en 1706; adnullatio, annullatio, 1320, repris en 1751; adventicius, XIIe s., repris en 1751; analogia, 1213, repris en 1423; anomalus, 1174, repris au XVIe s.: 1546; antiquarius, fin XIIe s., repris en 1552; anxietas, 1190, repris en 1552; arduus, 1395, repris au XVIe s.; ariditas, 1120, repris en 1549; claudicare, 1507-1508, isolé au XVIe s., repris au XIXe s. (1880); elegans, 1150, rare avant le XVe s.; emaciatus, XVIe s. (1560), rare avant le XVIIIe s.; emergere, 1495, rare avant le XIXe s.; episcopalis, Ier quart XIIIe s., rare avant le XVIIIe s.; exasperatio, 1588, rare jusqu'à la fin du XVIIIe s.; excavare, fin XVe s., rare avant le XVIIIe s.; excitatio, fin XVe s., rare avant le XIXe s.; exploratio, Ier tiers du XVIe s., rare avant le XVIIIe s. (1797); exsecrabilis, avant 1380, rare avant le XVIIe s.; exsistere, XVe s., rare avant le XVIIe s., etc.

           Pour l’italien (selon DELI): decedere, av. 1416, repris en 1831; deformare, av. 1306, repris au XVIe s.; designatio, XIVe s., repris au XIXe s.; de­su­e­tus, dissuetus, XIVe s., repris à la fin du XIXe s.; dextrorsum, av.1337, repris au XVIe s.; di­rec­tor, XIVe s., repris au XVIIe s.: avant 1621; discriminare, XIVe s., repris à la fin du XVIIe s.; dissertare, XIVe s., repris à la fin du XVIIIe s.: av. 1798; emblematicus, 1499, rare avant 1722; equinus, avant 1512, rare avant la fin du XIXe s.; fungi, avant 1300, rare avant le XIXe s., etc.

           Pour le catalan (selon DECAT): dysenteria, XIIIes., repris en 1696; fuga, XVe s., rare avant 1696; fulgor, XVe s., rare avant 1900, etc.

           Pour l’espagnol (selon DCELC): fabrilis, 1499, rare avant le XIXe s.

·          le processus de l’emprunt se réalise durant une période assez longue, qui commen­ce par un premier emploi (appartenance du mot au lexique total[7] de la langue) jus­qu’à son intégration dans le lexique (appar­te­nan­ce du mot au lexique commun):

           «Es muy difícil separar períodos de introducción, pues la incorporación y asi­mi­la­ción de un estrato de neologismos es consecuencia de un proceso integrador que a veces dura largos años. […] la valoración del neologismo no puede pasarse ex­clu­si­vamente en el criterio cronológico. Su rendimiento en el sistema léxico y en el sub­código literario son factores fundamentales para valorar lo que el latinismo re­pre­senta en cada momento de la historia de la lengua. […] No en todo momento fue el mismo el papel desempeñado por el cultismo en la elaboración de la lengua li­teraria, ni tampoco fue igual la naturaleza del proceso integrador que hizo pasar el neologismo de la lengua literaria a la lengua común.» (Bustos Tovar, 1982, p.15–16)

           Verdelho, 1987, p.163–164, offre une image du degré d’acceptation d’un nombre de 42 emprunts au latin, figurant aujourd’hui dans le portugais fondamental, dans les dictionnaires de la langue portugaise d’après 1569: ce n’est qu’à partir du début du XVIIIe siècle que les dictionnaires sont plus accueillants à l’égard des latinismes (malgré le fait que «o processo de dicionarização não coincide de mode nenhum com a emergência do neologismo na prática efectiva da língua, isto é, não garante a datação mais antiga do léxico. Quase todas estas formas entraram no português e estão inscritas no seu património textual até ao fim da primeira metade do séc. XVII e a maior parte delas ainda durante o séc. XVI.»)

Migliorini, 19664, 125−126, donne des exemples comme irritare, incombere, adi­bire, qui «sono og­gi talmente incorporate al lessico italiano, che nessuno pen­serebbe che un giorno non vi ap­par­tenessero. Eppure irritare fu rimproverato al Tasso dagli Accademici della Crusca como la­ti­nis­mo pedantesco; il Leopardi si giustifica, nelle Annotazioni filologiche alla canzone Ad Angelo Mai, d’aver usato incombere; adibire manca ancora nel vocabolario del Petrocchi ed è criticato dal Cappuccini, come ‘latinismo’ de’ mal parlanti». Voir aussi Scavuzzo, 1994, à propos de obsoleto.

Si l’on se tient aux renseignements des dictionnaires étymologiques consultés pour les 7000 termes envisagés, les emprunts se distribuent his­to­ri­quement d’une manière dif­fé­rente selon les langues, témoignant des recherches stylistiques, des inquiétudes, des orientations idéologiques, des résultats scientifiques propres des moments culturels qui favorisent leur premier emploi, ainsi que de l’usage qu’on en fait par la suite.

L’entrée des latinismes suit chronologiquement deux directions qu’a dû prendre l’ex­pres­sion en roman: le développement de la langue lit­té­rai­re et l’expansion des langues vul­gaires dans les domaines des sciences et des techniques. C’est le français qui sem­ble connaître une distribution plus uniforme: les latinismes commencent à se mul­ti­plier en français dès le XIIe siècle, époque de floraison littéraire, mais aussi époque de la ré­dac­tion des premiers textes ‘scientifiques’, des premières en­cy­clo­pé­dies en lan­gue vernaculaire, et continuent à s’imposer au cours des siècles sui­vants (voir aus­si le graphique par siècles chez Pierre Guiraud, Le moyen fran­çais, PUF, Paris, 1963, p. 53, qui montre avec évidence, d’une part, que les 3/5 des mots (souches) d’origine latine et grecque sont des créa­tions du moyen français); d’autre part, le mouvement prend toute son am­pleur dès le XIVe siè­cle, pendant lequel a lieu «un énorme processus de la­ti­ni­sa­tion qui porte en premier lieu et en majeure partie sur les domaines pé­ri­phé­ri­ques, avant tout les langages tech­ni­ques réservés auparavant au la­tin et pour lesquels les moyens d’expression tra­di­tion­nels se révélaient sou­vent insuffisants» (Stefenelli, 1976, p. 882). Sans que le XVe siè­cle soit réticent par rapport à l’emprunt[8], le XVIe connaît une nouvelle vague de la­tinismes, vu la victoire de la langue vernaculaire dans presque tous les domaines d’ex­pression[9].

L’italien et le catalan sont marqués, à la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe siècle, par l’activité des deux per­son­na­li­tés, Dante Alighieri et res­pec­tivement Ramon Llull, créateurs de la langue lit­téraire, de la langue de la philosophie et des sciences, sous la plume desquels les lan­gues ver­na­culaires deviennent l’instrument d’expression des dis­ci­pli­nes scientifi­ques et hu­mai­nes réservées jusque là au latin; l’incorporation des latinismes servant à exprimer les nouveaux concepts est, chez les deux auteurs, un procédé conséquemment suivi:

           «Realizzare un’opera del genere, usando una lingua nuova, imprimendole un’accelerazione tale che essa fosse in grado di toccare tutti gli argomenti, di esprimere tutte le pieghe dell’animo umano, di descrivere tutti i paesaggi possibili, di avventurarsi in tutti i settori, nella filosofia, nella teologia, nella scienza, nella politica, nella polemica, nella invettiva, nella profezia, non era certo cosa facile.» Marazzini, La lingua italiana. Profilo storico, il Mulino, 1974, chap. Varietà linguistica della «Commedia».

           «Per primera vegada a l’Europa cristiana, gràcies a Ramon Llull, una llengua romanç, la catalana, esdevé l’instrument d’expressió de disciplines científiques i hu­manístiques, reservades fins aleshores exclusivament al llatí, únic idioma culte indiscutible. […] La incorporació directa de cultismes, sobretot de llatinismes, és la forma com Llull resol la dificultat d’expressar conceptes nous.» (Núria Cot & Manuel Llanas & Ramon Pinyol i Torrens & Llorenç Soldevila, Compendi d’història de la llengua, Edicions 62, 1986, p. 83, 88)

La relatinisation du vocabulaire semble atteindre en espagnol et en por­tu­gais son plus haut niveau au XVe siècle, respectivement au XVIe siècle[10].

           «A partir del siglo XV aumenta en España la tendencia a perfeccionar el idioma propio por medio de la lengua latina.» (Bahner, La lingüística española del siglo de oro. Aportaciones a la conciencia lingüística en la España de los siglos XVI y XVII, Madrid, 1966, p. 36) «Ávidos de mostrarse a la altura de las nuevas maneras italianas, refinadas y sabias, los escritores introducen sin medida enorme cantidad de palabras cultas. […] Muchos de los cultismos citados y de los abundantísimos que saltan a la vista en cuanto tomamos un fragmento literario de la época no resultan hoy extraños porque llegaron a arraigar, ya en el lenguaje elevado, ya también en el habla llana.» (Lapesa, 19808, p. 270)

           Pour ce qui est du portugais «nenhuma época, salvo talvez a do neo-clasicismo setecentesco (e ainda assim com bem diferente sucesso), conheceu uma tão intensa latinização do vocabulário como a época áurea que acompanha e sucede imediatamente a reforma poética mirandina, a trasladação da Universidade para Coimbra […] e a fundação da Universidade de Évora.» (Herculano de Carvalho, 1980-1986, p. 12)

On est encore très loin de pouvoir apprécier par époques, par genres
lit­téraires, par écrivains[11], et pour chaque écrivain par œuvres[12], le rôle des latinismes dans la langue employée et dans le développement du le­xi­que cultivé.

La situation est différente en roumain: c’est le XVIIIe siècle et surtout le XIXe siè­cle qui ont eu l’apport décisif dans la re-romanisation du lexique roumain.

2.4.2.2.Les mots

Les premières attestations des latinismes témoignent de l’avance prise par le français: un grand nombre apparaissent pour la première fois dans des textes français<[13] et ce n’est que plus tard que les autres langues les utilisent; par exemple:

 

ptg

esp

cat

fr

it

roum

memoria

1255

1242

XIIe s.

1050

av. 1294

1798

pœnitentia

XIVe s. (?)

1155

XIIe s.

1050

fin XIIIe s.

1794

regenerare

XVIe s.

1492

1460

1050

av. 1306

1844

adversus

XVIe s.

début du XVe s.

XIIIe s.

1080

av. 1321

1799

affirmare

XIVe s.

v. 1220–1250

XIIe s.

1080

av. 1294

1825

amethystus

XIVe s. (?)

1490

v. 1270-1280

1080

av. 1250

1581

annualis

XVIe s.

1513

1378

1080

av. 1321

1815

antiquitas

1453

v. 1220–1250

?

1080

fin du XIIIe s.

1829

baptisterium

XVIe s.

Ière moitié du XVe s.

?

1080

1598

1812

confusio

XVIe s.

v. 1220–1250

XIVe s.

1080

1304-1308

1717

declinare

XVIe s.

v. 1220–1250

XIVe s.

1080

av. 1292

1799

disciplina

XVe s.

IIe moitié du XIIIe s.

XIIIe s.

1080

av. 1292

1818

exsilium

XVIIe s.

v. 1220–1250

1285

1080

1304-1308

1801

pallidus

XVIe s.

v. 1520

1803

1080

av. 1292

1836

praesens

1242–1252

v. 1220–1250

XIIIe s.

1080

1253

1801

principalis

XIVe s. (?)

v. 1220–1250

XIVe s.

1080

av. 1292

1717

mais aussi pour l’italien:

 

 

ptg

esp

cat

fr

it

roum

bibliotheca

XVIIe s.

1432

1696

1493

av. 1292

1717

candidus

XVIe s.

1432

XVe s.

XVe s.

av. 1292

1841

cubitus, cubitum

XVIIe s.

1728

?

1541

av. 1292

1843

decanus

1813

1636

av. 1292

v. 1700

cooperari

XVIIe s.

début du XVIIe s.

XVe s.

1470

av. 1294

1836

debitum

XVIIe s.

1573

1586

1675

av. 1294

1837

ferox

XVIe s.

1444

1460

v. 1460

av. 1294

1831

illustris

1454

v. 1440

1392

1440–1475

av. 1294

1682

informare

XVIe s.

1444

1304

XVe s.

av. 1294

1698

 

Les exemples pour les autres langues romanes sont peu nombreux; pour le catalan:

 

 

ptg

esp

cat

fr

it

roum

minutia

1813

1611

1158

1627

av.1321

?

consul

1338

v.1275

XIIe s.

1213

1304–1308

1683

binomium

1871

1709

XIIe s.

1554

1543

?

 pour l’espagnol:

 

 

ptg

esp

cat

fr

it

roum

inclinare

XIVe s.

v. 1140

XIVe s.

1213

av. 1342

1825

occasio

XIVe s.

v. 1140

XIVe s.

1174

XIVe s.

1717

calumnia

XIVe s.

1155

XIVe s.

XIVe s.–XVe s.

1304-1308

1794

civilis

1392

1169

XIVe s.

1290

av. 1294

1805

 

ou pour le portugais:

 

 

ptg

esp

cat

fr

it

roum

raucus

1162

1790

XVe s.

1270

1481

 



[1] Voir aussi Berschin, 1987; Banniard, 1992; 1993; etc. Wright, 1982 (traduction es­pa­gnole de 1989) donne une image détaillée du décalage qui a existé entre la France et l’Espagne jus­qu’à l’établissement des mêmes rapports entre la langue vulgaire et le latin. Wright contredit la théorie des deux normes en rapport de diglossie et émet l’hy­po­thè­se que, avant la pé­riode carolingienne en France et avant 1080 en Espagne, il y avait une seule langue parlée et écrite, la langue romane. «A pesar de las críticas que se han hecho a la tesis de Wright, es innegable que és­ta estimula la re­vi­sión de aspectos fundamentales entre latín y romance en buena parte de la Edad Me­dia. Asimismo, confiere una importancia decisiva a la ortografía y al establecimiento de sistemas gra­femáticos diferentes como paso previo al nacimiento de la conciencia de dos lenguas, latín y romance. Aunque Wright cree que no se conocen muy bien las re­laciones entre escritura y pronunciación desde el punto de vista teórico, sus ob­ser­va­cio­nes se hallan en la línea de una disociación entre lengua escrita y lengua hablada y en una revalorización del convencional y arbitrario que puede tener el sistema de escritura.» (Clavería, 1991, p. 44).

[2] La reprise des relations avec le latin va marquer la graphie de ces mots dans le temps à venir: doiGt, par exemple.

[3] Cet aperçu statistique n’a pas une valabilité générale pour le processus de l’em­prunt; pour estimer son ampleur à des époques différentes, il aurait fallu pouvoir ap­pré­cier l’ampleur du processus pour chaque période de la langue, quel que fût le sort ul­térieur des mots empruntés.

[4] La statistique entreprise par Gordillo Vázquez, 1983, a en vue les termes figurant dans le dictionnaire de fréquence de l’espagnol («hemos omitido los puros tecni­cis­mos, introducidos a partir del siglo XVI con gran profusión, siguiendo el ritmo de los pro­gresos técnicos y los conocimientos científicos, por ser parte del voca­bu­la­rio espe­cia­lizado», p. 276), sans indiquer le nombre total des termes pris en consi­dé­ra­tion; pour les latinismes, les résultats sont les suivants: Xe siècle – 1,26%; XIe siècle – 0,63%; XIIe siècle – 3,78%; XIIIe siècle – 20,84%; XIVe siècle – 5,43%; XVe siècle – 35,34%; XVIe siècle – 12,22%; XVIIe siècle – 10,62%; XVIIIe siècle – 5,61%.

[5] Pour une comparaison entre le français et l’espagnol, voir Stefenelli, 1983.

[6] Voir Büchi, 1994, p. 120-121.

[7] Voir Rey-Debove, art. cit.

[8] «En ce qui concerne l’affaissement de la courbe au XVe siècle, je n’arrive pas à décider s’il faut y voir un fait de culture ou soupçonner l’état de notre documentation. La question reste pendante.» (Guiraud, ibidem, note 1)

[9] «Le préjugé est encore répandu qui voit dans l’abus du latinisme, les conséquences de l’enthou­sias­me de la Renaissance pour l’Antiquité latine; c’est une erreur; le courant lancé depuis longtemps était déjà torrentiel à la fin du XVe siècle.» (Brunot, HLF, I, p. 535).

[10] Voir, par exemple, Paul Teyssier, Histoire de la langue portugaise, PUF, Paris, 1980, p. 86.

[11] Camões, par exemple: «De qualquer modo, parece que o Poeta (Camões, n.n.) (é verdade que esta im­pressão é colhida a posteriori) foi guidado por seguro instinto, por uma intuição linguística cer­tís­si­ma, por um íntimo conhecimento das carências e virtualidades da língua que manejava, ao escolher, quer directamente nos autores latinos, quer já em textos portugueses, aquelas ainda então novidades ou ra­ridades léxicas que serviam ás necessidades da sua língua individual o do seu estilo poético, e melhor res­pondiam ás possibilidades estruturais do idioma português.» (Herculano de Carvalho, 1980–1986, p. 17). Ou, pour le roumain, la langue de Miron Costin, chez Cazacu, 1960; voir aussi Munteanu, 2001, ainsi que la bibliographie de l’article.

[12] Chez Dante, par exemple, si l’on compare la présence des latinismes dans la Commedia et dans l’ensemble de l’oeuvre lyrique.

[13] Voir Stefenelli, 1983, p. 891.

 

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