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SAINT PAÏSSIUS VÉLICHKOVSKY À DRAGOMIRNA

À Dragomirna la vie monastique est fondée sur une règle rédigée par Païssius et inspirée des enseignements de saint Basile le Grand et de ses disciples saint Théodore le Grand et saint Théodore le Studite, fondateurs du cénobitisme. Voici quelques-uns des principaux chapitres de cette règle, telle qu'elle est soumise par Païssius au synode de Moldavie auquel il demande son approbation:

1) La première règle observée par tous dans notre monastère est qu'aucun moine ne possède rien en propre, fût-ce le plus petit objet. Tout est partagé. Afin que cette pratique soit effective, l'higoumène doit déterminer quels sont les besoins matériels de ses moines, tel un père avec ses enfants, donnant à chaque moine ce qui lui est nécessaire, sans préférence ni défaveur particulières. Telle est la tâche impartie à l'higoumène. Fondée sur ce principe, la communauté monastique peut se développer dans l'amour de Dieu et du prochain, dans l'humilité, la douceur, la paix, l'unité de l'âme et le détachement. Les moines sont sujets à l'obéissance non pas dans le but de faire une abstinence temporaire, de trouver la gloire, l'honneur, la tranquillité de la chair ou la considération des hommes, mais pour leur seul salut [...] Tout moine est instruit fermement de cette règle selon les Saintes Écritures, qu'il ne doit rien posséder à titre personnel sous quelque forme que ce soit, jusqu'à son rappel à Dieu.

2) L'obéissance est absolument essentielle à la vie monastique. Elle exige que l'on dédaigne et repousse toute volonté, toute pensée propre et tout arbitraire; que l'on s'efforce de tout son cœur de suivre la volonté, les enseignements et les commandements de Dieu et de servir son prochain comme le Seigneur lui-même, ainsi que l'enseignent les Saintes Écritures, dans la crainte de Dieu et l'humilité, jusqu'au dernier jour.

3) L'higoumène... doit étudier les Saintes Écritures et les écrits spirituels des Pères. Il ne doit pas transmettre à ses frères ses propres enseignements et commandements, mais les diriger toujours suivant la volonté de Dieu. Il doit se régler sur l'Écriture dans toute tâche qu'il impose, gardant à l'esprit que la parole de Dieu lui a été donnée, lui et à ses frères, comme guide pour leur salut. Il doit être un exemple d'humilité, d'harmonie, d'unité spirituelle et faire preuve d'amour en toutes occasions. Il ne peut entreprendre aucune action sans l'avis de ceux de ses frères qui ont aussi l'expérience de la vie spirituelle et connaissent les Saintes Écritures. Si un événement se produit qui doit être discuté devant l'assemblée de tous les frères, ceux-ci participent en pleine connaissance de cause et dans l'esprit de conciliation. Ainsi sont maintenus la paix, l'unité dans l'esprit et l'amour désintéressé entre les frères.

4) La liturgie est fondée sur la règle générale: Vêpres, Complies, Office de minuit, Matines, Heures et Divine Liturgie avec Vigiles et lectures des Fêtes pour tout le cycle des Fêtes du Seigneur, pour celles de la très sainte Mère de Dieu et pour celles des grands saints. Pour les fêtes mineures: le polyéléos et la Doxologie avec les lectures, comme pour tous les autres offices liturgiques... Tous les fondateurs et les bienfaiteurs du monastère, vivants et morts, doivent être commémorés aux services, ainsi que le prescrit la règle liturgique de la Sainte Église. L'higoumène et les frères doivent, selon la règle, être vêtus comme il sied à leur rang, c'est-à-dire avec la mantya, le rasso et le voile [...]

5) Les frères se rassemblent tous les jours au réfectoire avec l'higoumène, dans la fidélité et aux économies du monastère. Ils ne doivent en aucune circonstance manger dans leur cellule, sauf en cas de maladie grave et d'extrême vieillesse. Tous les frères doivent manger la même nourriture, excepté les malades. Au réfectoire les frères écoutent, en silence et dans la crainte de Dieu, la lecture du jour...

6) Les frères [...] doivent préférer à tout travail ascétique la prière du cœur, puisque l'amour de Dieu, source de toute vertu, est œuvré dans le cœur par l'esprit. En plus de la prière, ils s'adonnent à la psalmodie et à la lecture réglée de l'Ancien et du Nouveau testament, ainsi que les écrits patristiques.

Les frères doivent exercer le travail manuel qui leur est indiqué par l'higoumène. L'oisiveté n'est pas autorisée, car elle est la source de tous les maux.

7) Afin d'encourager à l'humilité, l'obéissance et au détachement de toute volonté et de toute pensée, sur l'échelle qui monte au Royaume des Cieux, l'higoumène peut assigner à ses frères des tâches à la cuisine, au four à pain, au réfectoire ou à d'autres travaux du monastère.

8) L'higoumène doit avoir le même amour pour tous les frères. Il doit faire en sorte que ceux-ci vivent sans le plus sincère amour désintéressé les uns pour les autres, en vrais disciples du Christ.

(d'après Michel Aubry, Saint Païssius Vélichkovsky, La Lumière du Tabor, Paris, 1992)

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