Commentaire

Le Grand Carême est notre pèlerinage spirituel vers Pâques. Pendant les quarante jours du Carême - jours de repentir, de jeûne et de prière - le chrétien, tout tendu vers son Seigneur, se prépare à Le rencontrer au cours de la nuit lumineuse de la Résurrection, lors de la liturgie de Pâques, nuit "plus lumineuse que le jour". C'est la joie unique de participer à cette vie nouvelle qui nous a été donnée.

Dans le deuxième chapitre du livre Le Grand Carême, Alexandre Schmemann analyse la prière de Saint Éphrème le Syrien, prière dite chaque jour par les fidèles pendant le Carême. L'analyse de cette prière est très utile pour nous. En présentant les quatre points négatifs qui empêchent notre approchement de Dieu, le père Schmemann analyse aussi les points positifs qui nous permettent de connaître Dieu et de devenir ses fils adoptifs.

Après chaque demande de la prière, le fidèle fait une métanie. Les métanies ne sont pas limitées à la prière de Saint Éphrème le Syrien, mais elles constituent l'une des caractéristiques spécifiques du culte célébré pendant le grand Carême. C'est ici que leur signification est le mieux révélée.

Dans le long et difficile effort de la guérison spirituelle, l'Église n'a jamais séparé l'âme du corps. L'être humain dans sa chute s'est détourné de Dieu; l'être humain tout entier devra être restauré. Le corps est saint, si saint que Dieu "s'est fait chair". Le salut et le repentir ne sont pas mépris et négligence du corps, mais tout au contraire restauration de celui-ci dans sa vraie fonction, en tant que temple de l'Esprit. L'ascétisme chrétien n'est pas une lutte contre le corps, mais une conversion du corps. Pour cela tout l'être humain, âme et corps, se repent. Les métanies, signes de foi et de repentir, d'adoration et d'obéissance, sont le rite de Carême par excellence.