Commentaire

La sensibilité spirituelle du Carême se résume dans le Grand Canon pénitentiel du saint André, un des premiers canons typiquement palestinien. Il comprenait initialement autant de tropaires que les versets des odes scripturaires. Au canon initial aux odes 3, 4, 8 et 9 ont été ajouté deux canons triodes dus à Théodore Studite et à Joseph de Sicile. Au moment où le dimanche de la cinquième semaine du Grand Carême fut dédié à la sainte Marie l'Égyptienne (au XIe ou XIIe siècle), un canon de deux tropaires par ode y fut ajouté en son honneur. Un tropaire demandant l'intercession du saint André lui-même fut aussi ajouté à la fin de chaque ode. Après le synaxaire de la 6-e ode, seize tropaires intercalés entre les Béatitudes sont chantés ou récités.

Le Grand Canon, divisé en quatre parties, est lu les lundi, mardi, mercredi et jeudi de la première semaine du Carème, à l'office de complies; d'une seule traîte, il est repris le jeudi de la cinquième semaine.

Le Grand Canon est chanté sur le sixième ton, musique de tristesse et de douceur, chant des larmes. L'hirmos (chanté au début et à la fin de l'ode) reprend en partie le thème de l'ode biblique correspondante. La règle monastique (typikon) prescrit de chanter trois fois avant chaque tropaire la formule psalmique "Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi", chaque fois avec une petite métanie et un signe de croix.