Commentaire

Le Génie du Christianisme parut en 1802, l'année de la proclamation du Concordat, célèbre convention conclue entre le Pape et Bonaparte, qui restaurait en France la religion catholique.

Tout le monde attendait la réouverture des églises comme un bienfait. Le christianisme, tourné en ridicule par les encyclopédistes et remplacé, pendant la Révolution, par le culte de la Raison, reprenait enfin ses droits, attendus par la majorité des Français, restés d'ailleurs chrétiens malgré les décrets officiels.

L'ouvrage de Chateaubriand qui venait à temps et dont le succès en fut immense se divise en quatre parties, chacune contenant six livres.

Dans la première partie, Dogmes et doctrines, en parlant des mystères, sacrements, existence de Dieu, immortalité de l'âme et en révélant la beauté du christianisme, l'auteur nous convainc des grandes vérités chrétiennes, même s'il ne s'appuie pas sur des arguments théologiques solidement établis.

La seconde partie, Poétique du Christianisme, illustre la supériorité des oeuvres inspirées par le christianisme sur celles dont la source d'inspiration fut la mythologie païenne.

La troisième partie, intitulée Beaux Arts et Littérature, est une apologie esthétique et sentimentale du christianisme. Il y étudie la musique, la peinture, la sculpture, l'architecture; il examine aussi l'influence du christianisme sur la philosophie, les sciences, l'histoire. C'est là que se trouve le fameux fragment sur les églises gothiques.

La dernière partie a pour objet le Culte.

Si les arguments que le Génie renferme ne sont pas des plus convaincants, en revanche l'œuvre abonde en idées neuves et fécondes.

Dans ce fragment sur les églises gothiques, Chateaubriand s'ingénue à mettre en lumière l'heureuse influence exercée par le christianisme sur les arts, notamment sur l'architecture.