Commentaire

Jésus-Christ réclame de nouvelles relations entre les gens; Il nous permet de re-voir l'autre, car ne pas le voir, c'est le tuer (Luc 10, 25-38). Jésus-Christ, le Fils de Dieu incarné, est le miroir de ce que Dieu éprouve à notre égard. Il s'est fait homme pour que nous tous, homme et femme, nous devenions "les fils adoptifs" de Dieu (Ga 4, 5). Mais cette nouvelle qualité, qui nous justifie en Jésus-Christ par les sacrements, réclame la foi: "Car tous, vous êtes par la foi, les fils de Dieu, en Jésus-Christ" (Ga 3, 26).

La qualité de fils suppose celle d'héritier. Même sous l'ancienne loi l'être humain était l'héritier de tout ce que Dieu a légué. Dans Nombres 27, 1-7 ce n'est pas seulement un acte de justice qui nous est présenté. C'est la présence de la volonté divine qui prend en considération chaque personne; les filles de Celofehad, elles-aussi "image de Dieu", appelées à parvenir à Sa ressemblance, reçoivent la bénédiction divine d'être les héritières de leur père. Celofehad qui avait observé les commandements imposés par Dieu, car "il n'était pas de ceux qui se liguèrent contre le Seigneur", transmet à ses filles l'héritage de la terre et, implicitement, du respect de la loi, leur permettant ainsi de s'intégrer dans la communauté juive. C'était le premier pas.

Nous aussi, en tant que fils de Dieu, nous en sommes les héritiers: "comme fils, tu es aussi héritier: c'est l'œuvre de Dieu" (Ga 4, 7).

Nous devenons les héritiers du Royaume de Dieu par notre incorporation dans le corps mystique du Christ, dans l'Église. "En dehors de Moi, vous ne pouvez rien faire" (Jn 15,5). "Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même et prenne sa croix et qu'il me suive" (Mc 8, 34).

Par le baptême et la foi en Christ la diversité des participants qui forment la communauté ecclésiale réalise l'unité de l'Église. Le corps du Christ est un, mais il a plusieurs membres, si différents les uns des autres. C'est justement cette diversité qui assure l'unité, car suivant la volonté de Dieu chacun des membres a sa propre fonction. "Si l'ensemble était un seul membre, où serait le corps?" L'unité de l'Église, le corps mystique du Christ, est assurée par l'œuvre du Saint-Esprit: "Nul ne peut dire: "Jésus est Seigneur", si ce n'est par l'Esprit Saint" (1 Co 12, 3). Au sein de l'Église nous sommes tous solidaires et, même sans le savoir, nous communiquons les uns les autres, à condition que le mal ne nous paralyse pas. L'unité appartient à ceux parfaits: "Et Moi, Je leur ai donné la gloire que Tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un, Moi en eux comme Toi en Moi, pour qu'ils parviennent à l'unité parfaite" (Jn 17, 22).

L'incorporation des croyants dans le corps mystique du Christ, par l'œuvre du Saint-Esprit, réalisée par le baptême, fortifiée par la foi, l'espérance et spécialement par l'amour, "le lien parfait" (Col 3, 14) est une ouverture vers le ciel et vers l'âme de l'autre. La participation du chrétien à la vie ecclésiale, "expérience du temps sacré", est sa réponse à l'appel de Dieu; c'est le point de rencontre et d'union de l'homme avec Dieu et avec son semblable. L'homme, graine fragile, y prend des racines et donne de bons fruits. "La porte du Ciel" s'ouvre car la porte de l'âme est ouverte en Christ.