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RACHETEZ LE TEMPS CAR LES JOURS SONT MAUVAIS

Dieu est l'éternité. L'éternité divine en tant que vie dans la plénitude, dialogue de l'amour divin éternel et parfait, porte en elle la possibilité du temps et le temps la possibilité de la communion de l'éternité. "Les raisons du temps sont en Dieu", disait Saint Maxime le Confesseur.

L'éternité accepte le temps en elle-même, c'est-à-dire Dieu accepte dans Son éternité l'être qui vit dans le temps, quoique le temps soit une distance spirituelle entre les personnes créées par Dieu et Dieu. Cette distance, qui se réalise dans le cadre de l'amour, donc de l'éternité, est l'attente de l'éternité dirigée envers nous en tant que créatures de Dieu et l'espérance de la créature dirigée vers Dieu.

Le temps est la fuite d'Égypte vers le désert de Sinaï, vers la Terre Promise. Le temps est donné aux hommes pour leur salut.

Le sens d'un calendrier orthodoxe est de rappeler les moyens qui sont offerts aux chrétiens pour sanctifier les saisons, les jours et les heures, par les Fêtes du Seigneur et de la Mère de Dieu célébrées dans l'Église et par la prière adressée aux saints.

De plus en plus aujourd'hui, chaque jour est presque anonyme, simple nom sur une liste, marqué par un "emploi du temps" invariable, impersonnel et, souvent, sans couleur et sans joie. Au contraire, dans l'Église du Christ, chaque instant, chaque jour, chaque semaine, revêt un sens dans le rythme liturgique où, pendant tout le cycle de l'année, l'histoire de notre salut se trouve récapitulée.

Le monde et ses vanités, "les soucis, les richesses et les plaisirs de la vie" (Luc 8, 14), "l'amour du vide et la poursuite du mensonge" (Ps 4, 3) font oublier aux hommes qu'ils sont mortels. Mais les offices de l'Église font entrevoir l'éternité, la véritable mesure du temps qui nous est donné. "Mille ans sont à Tes yeux comme le jour d'hier quand il n'est plus", dit David. "Un seul jour dans la béatitude du siècle futur est comme mille ans dans cette vie présente, parce qu'un seul jour réjouira, rassasiera à tel point les justes de toutes sortes de biens qu'ils auront l'impression d'avoir vécu mille ans; et mille ans dans la vie présente, comparés à la félicité éternelle de Dieu, paraîtront si courts qu'ils sembleront avoir été comme un seul jour parce qu'auprès de Dieu infini et pré-éternel, toutes les dimensions et les états temporels sont inconsistants et apparaissent comme une seule minute" (Saint Nicodème de l'Athos, Commentaire de la Seconde Épître de Saint Pierre).

Le seul calendrier qui offre l'image d'un temps d'où le péché et la mort ont été retranchés, et qui soit devenu "un merveilleux préambule à l'éternité divine" (Père Justin Popovitch) est le calendrier des saints. "Le calendrier nous offre une partie du mystérieux Livre de la Vie (Apoc 3, 5); une partie seulement, car il ne contient pas tous les noms, mais quelques uns seulement, de la multitude innombrable des âmes bienheureuses, dont les délices furent de suivre le Christ, d'accomplir Ses commandements et d'hériter de Son Royaume éternel. Le calendrier est un tout petit extrait du Livre de la Vie qui est au ciel"[1], vocation et introduction dans la vie éternelle.

Il est naturel que le calendrier soit la mémoire de l'Église; il est un miroir qui reflète la beauté, la force et la majesté du Christ. On y trouve le repentir incessant, la prière incessante, l'effort incessant de chaque chrétien pour se dépasser, car ce n'est pas peu de chose d'être appelé chrétien, c'est-à-dire l'oint de Dieu, oint avec l'huile de l'allégresse.

Ce ne sont que les saints qui, même pendant leur vie terrestre, ont un avant-goût de l'éternité de Dieu; ils deviennent "sans commencement" et "sans fin" (Saint Maxime le Confesseur). L'unique personne qui, pendant la vie terrestre, puisse partager l'éternité est le saint. Mais d'innombrables saints demeurent inconnus aux hommes. Dieu seul les connaît. Dieu ne révèle au monde qu'un petit nombre de ses saints pour répondre aux besoins spirituels d'un temps ou d'un peuple, pour faire revivre ou raffermir la foi.


[1] Nicolas Vélimirovitch, Calendrier orthodoxe, Paris, Éditions La Lumière du Thabor, p.7.

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