Commentaire

Le Credo ou le Symbole de foi (du gr. simbolon tis pisteos et du lat. Credo, regula fidei) est le texte par excellence du christianisme, car il a réussi à réconcilier la conception monothéiste et celle trinitaire.

Selon saint Grégoire de Nazianze, le Credo est "la foi de Nicée" (Lettres théologiques, CII, 1). En vérité, le premier Credo dogmatique formulé par un concile fut celui de Nicée (325), convoqué par l'empereur Constantin le Grand. Il fut complété par les Pères à Constantinople, pendant le IIe Concile œcuménique, convoqué en 381 par Théodose le Grand. Sous cette forme il fut reconnu comme la formule dogmatique officielle du christianisme par le IVe concile de Chalcédoine, en 451. Le VIe Concile de Constantinople (680) confirmera le caractère d'autorité du Credo comme expression authentique de la foi de l'Église universelle.

Le Credo est apparu comme une nécessité de définir l'enseignement orthodoxe en face des doctrines hérétiques.

Dès les temps apostoliques, le culte chrétien a connu des éléments qui formaient une confession de foi. Dès le début du IIe siècle, de nombreux "symboles" ou formulations brèves ont été mentionnés dans l'office du baptême et de la Liturgie (Saint Ignace, Épître aux Traliens, IX, 1-2; Hyppolite de Rome, Tradition Apostolique).

Pendant la période de conversion au christianisme, l'Église a organisé la préparation catéchétique; l'une des obligations du catéchumène était la récitation en public de la confession de foi chrétienne, le Credo.

La tradition dit que c'est le patriarche Pierre Gnafeus (Fullo) qui, pour la première fois, introduisit le Credo dans la liturgie officiée à Antiochie (471); à Constantinople il fut introduit plus tard, par le patriarche Timothé (512-518). Dans l'office du baptême le Credo était employé depuis longtemps.

L'Église catholique romaine a conservé, à côté de ce Credo, modifié par elle par l'interpolation du "Filioque", un autre symbole dit "Symbole des Apôtres". Ce dernier symbole constitue la profession de foi la plus répandue dans les Églises issues de la Réforme.

Le symbole de foi que nous récitons lors de chaque célébration eucharistique commence par ces mots: "Je crois en un seul Dieu". Ces mots, se rapportant aux articles qui suivent, donnent à cette expression de la foi commune la valeur d'un engagement personnel de chaque membre de l'Église qui dit avec tous les autres: "Je crois", "Je confesse", "J'attends", "J'espère".