Commentaire

Le religieux vit la solitude dans toutes ses dimensions. Il est moine, c'est-à-dire monos. Il est seul et il doit l'être même dans une communauté. Il est monos afin de retrouver son origine, son unité, son authenticité. Cette rencontre avec notre propre soi est une étape de grande valeur dans la marche pour redevenir un être entier, homogène, selon son archétype.

L'état de solitude en soi a deux aspects et il prend la direction que l'homme lui donne. Il peut devenir la découverte de notre propre être, de notre âme; il peut devenir lieu de dialogue avec Dieu. Et en même temps, il peut être l'occasion d'un empire du mal et d'une obsession continuelle et tyrannique de nos propres pensées.

Le silence n'est pas le repos total de l'oreille par l'absence de tout son. Un tel silence est nocif et déséquilibrant, conduisant à des modifications du sens du temps et de l'espace. Le silence c'est aussi les petits bruits des champs et des bois, le murmure de l'eau, le souffle du vent, le chant des oiseaux. Les Pères de l'Église disent qu'il ne suffit pas d'être dans le silence. Il faut que ce silence nous pénètre, d'où la nécessité de faire silence en nous, de sortir de nos soucis, de consentir à être présent au monde et non perdu dans le passé ou l'avenir.

Le silence n'est pas un arrêt de la parole, mais l'entrée dans un autre monde, celui de la communication avec Dieu.