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Mariana
TUTESCU, L'Argumentation
Introduction à l'étude du discours |
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| 3.
L'ORGANISATION ET LA COHÉRENCE
3. Les opérations de cohérence contribuent à engendrer la composante discursive du langage. Elles permettent donc l'insertion d'une phrase dans la cohérence / cohésion du texte. C'est le lieu de la bonne formation ou grammaticalité textuelle et discursive. Ces opérations mobilisent simultanément les mécanismes syntaxiques, sémantiques et pragmatiques du langage.
3.1. Les opérations ou règles de cohérence se ramènent à quatre types: (a) règles de répétition; (b) règles de progression; (c) règles de non contradiction; (d) règles de relation. Nous renvoyons, pour une étude détaillée de ces règles, à M.TU|ESCU (1980: 109 - 131). Il suffira d'observer chacun de nos textes de (1) à (36) pour étudier le fonctionnement de ces règles ainsi que leur nombreux aspects. La fonction organisatrice du discours détermine donc les opérations de cohérence ou les relations sémantico-pragmatico-syntaxiques entre phrases qui seront insérées dans la composante discursive. G. VIGNAUX (1976) y distingue trois sortes d'opérations: (a) celles qui sont marquées par des connecteurs comme en effet, or, donc, car, puisque, parce que; (b) celles qui sont marquées par des connecteurs comme et, ou, si, que formalise la logique de la démonstration; (c) celles, enfin, qui, au moyens d'opérateurs comme mais, pourtant, d'ailleurs, cependant, etc., expriment des nuances d'opposition.
3.2. Le placement de ces opérations est régi par un ordre de disposition des arguments dans le discours. Cet ordre est destiné à orienter la pensée de l'auditoire dans une direction souhaitée. Il détermine par là même les formes de relations entre phrases; et il constitue aussi, lorsque l'auditeur le saisit comme tel, un certain type de relation globale avec l'orateur-énonciateur. Il existe des connecteurs discursifs (lisez argumentatifs) qui marquent les étapes du raisonnement, l'ordre de l'argumentativité. Une énumération argumentative commence par d'abord qui signifie « en premier lieu » et « avant toute chose » s'il s'agit de marquer l'importance dans la gradualité. Ensuite enchaîne un événement discursif à un événement antérieur; il est alors synonyme de en second lieu: (36) D'abord, je ne veux pas; ensuite je ne peux pas (LE PETIT ROBERT). Tout d'abord est synonyme de avant toute chose ou premièrement. Puis
marque la « succession des événements dans le temps
», la « succession ». Souvent il introduit le second, le
troisième terme d'une énonciation et il est par ailleurs
parasynonyme de et, plus.
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