I.
Types d'arguments compte tenu des paralogismes ou sophismes traditionnels
(Approche
pragma-dialectique)
1.
Dans une approche pragma-dialectique qui tient compte des paralogismes
ou des sophismes traditionnels, considérés comme des violations
des règles de la discussion critique, on peut inventorier les
arguments suivants:
1.1. Argumentum
ad hominem (ou argumentation sur la personne) tend à invalider
une autre argumentation en dicréditant la personne qui la soutient,
à la limite en déniant à cette personne le droit
à la parole sur le sujet en question. Trois stratégies
discursives se cachent dans cet argument:
a) la mise en doute
des connaissances, de l'intelligence ou de la bonne foi de l'autre partie;
b) l'attaque personnelle
indirecte, liée aux circonstances, qui jette le soupçon
sur les motifs de l'autre partie;
c) la découverte
d'une contradiction entre les idées de l'autre partie et ses
actions passées ou présentes.
L'argumentation
sur la personne a une nature réfutative.
Cette réfutation
sur la personne sera valable dans deux cas au moins, qui relèvent
de deux formes différentes du principe de contradiction: (a)
il est légitime d'exiger de son adversaire que ses actes soient
en accord avec ses paroles, que ses paroles soient non
contradictoires
et (b) que les croyances qu'il défend soient cohérentes.
Il faudra distinguer
la réfutation ad hominem de 'l'argument ad personam'
ou 'l'attaque personnelle'.
« La différence
ad hominem / ad personam est argumentative. Pour réfuter
une argumentation ad hominem éventuellement pertinente,
on pourra la "disqualifier" et la "requalifier"
comme une attaque ad personam, "hors de propos" »
(Ch. PLANTIN, 1990: 209).
À noter
que certains arguments sur la personne sont apparentés à
l'argument d'autorité:
(i) X affirme que
A.
(ii) Argument sur
la personne: le fait que X soutienne A motive le rejet de A.
(iii) Argument
d'autorité: le fait que X soutienne A est utilisé pour
imposer A.
1.2. Argumentum
ad baculum (argument du gros bâton ou argumentation par la
force) met la pression sur l'opposant en le menaçant de sanctions.
Il consiste, par exemple, à pointer un revolver sur la tempe
de l'interlocuteur en lui enjoignant:
(1) Le fric ou
je te tue !
(2) Donne-moi
tes billets ou je te brûle la cervelle !
Cherchant à
agir non sur les croyances, mais sur les actes de l'opposant, cette
argumentation par la force consiste à instaurer un choix qui
porte sur les termes également désagréables d'une
alternative, l'un de ces termes restant malgré tout plus acceptable
que l'autre: perdre son argent est désagréable, mais perdre
sa vie l'est encore plus.
L'argument du gros
bâton s'instaure dans le schéma discursif suivant:
(a) X n'a pas intérêt
ou envie de faire A; il préfère s'en abstenir. Spontanément,
X ne fera pas A.
(b) Y a intérêt
à ce que X fasse A.
(c) Y sait que
(a).
(d) Y présente
à X l'alternative: ou bien faire A « à son corps
défendant », ce qui lui sera certainement désagréable;
ou bien ne pas faire A et subir un dommage encore plus grand.
« Ce court-circuitage
de l'interlocuteur comme être raisonnable
est caractéristique
de l'appel à la force. Il faut cependant remarquer que cette
mise entre parenthèses de la raison est encore une forme d'hommage
à la raison: on n'a pas recours à l'argument par la force
vis-à-vis d'une pierre qu'on fracasse ou d'un animal qu'on traîne
à l'abattoir. On les élimine ou on les utilise »
- note Ch. PLANTIN (1990: 206).
1.3. L'argument
d'autorité appuie la vérité de la conclusion
sur la personne de l'énonciateur. Dans certains conditions, certains
locuteurs voient leurs dires crédités d'un poids supplémentaire
du simple fait que ce soit eux qui les soutiennent.
1.3.1. Cet
argument apparaît dans les énoncés du type suivant:
X dit / soutient
/ affirme / pense que P, et il s'y connaît, où le verbe
de la prémisse factuelle fait référence à
un acte de parole de l'individu investi de l'autorité; ce verbe
ne présuppose pas la vérité ou la fausseté
de sa complétive.
L'argument d'autorité
fonctionne impeccablement dans le cas des énoncés performatifs
tels:
(3) Le président
a dit: « La séance est ouverte ! », donc La
séance est ouverte.
(4) Pierre a
dit: « Je m'excuse », donc Pierre s'est excusé.
L'acte s'assimilant
au dire, rapporter le dire suffit pour attester l'acte. La condition
d'autorité est une règle conventionnelle pour les actes
de langage. Le juge prononçant la sentence ou le pape émettant
le dogme témoignent de leur autorité.
Le locuteur qui
s'attribuera l'autorité de ses dires pourra employer puisque
Q pour appuyer P:
(5) X: - P, puisque
je te le dis !
À côté
des cas où il est en jeu une convention linguistique ou extralinguistique,
il y a des cas où le discours doit tenir compte d'un réel
qui lui préexiste. Interviennent alors les rapports de l'autorité
à l'expertise, du pouvoir ou du savoir. L'argumentation se construira
alors comme une déduction, à partir d'une universelle
affirmant l'expertise:
(6) Tout ce que
dit X est vrai. X dit que P.
Donc P est vrai.
Tout le problème
de l'argument d'autorité tourne, dès lors, autour de la
crédibilité de l'expert cité et de la pertinence
de son savoir pour le thème de la discussion.
Cette « interaction
autoritaire » (selon le mot de Ch. PLANTIN, 1990: 212) renvoie
aux mécanismes de citation et de polyphonie, à une structure
de communication particulière où le discours donnateur
d'autorité est transposé, vulgarisé, traduit. L'argumentateur
par autorité s'adresse directement ou indirectement à
une oreille profane; il se fonde dans bien des cas sur une extériorité,
un éloignement de l'expertise, il se réclame d'un autre
discours qu'il tient à distance. « Ce discours est allégué
au nom d'une autorité d'autant plus efficace qu'elle est plus
lointaine: prestige des grands noms. Ce dispositif argumentatif tire
sans doute une grande partie de son "autorité" de cet
éloignement du discours primaire, produisant le hiatus entre
les systèmes de croyances autant qu'il est produit par lui. Sous
la multiplication des contraintes, le discours de savoir donné
comme fondateur s'irréalise; reste un discours de pouvoir, dont
le fonctionnement relève des tactiques rhétoriques d'intimidation
» (Ch. PLANTIN, 1990: 212 - 213).
L'argumentation
par autorité a un caractère polyphonique évident.
1.3.2. Selon
O. DUCROT, on utilise, à propos d'une proposition P, un argument
d'autorité, lorsqu'à la fois:
(a) on indique
que P a déjà été, est actuellement ou pourrait
être l'objet d'une assertion;
(b) on présente
ce fait comme donnant de la valeur à la proposition P, comme
la renforçant, comme lui ajoutant un poids particulier (1984:
150).
Il y a, selon O.
DUCROT, deux formes d'argumentation par autorité: (i) l'autorité
polyphonique et (ii) le raisonnement par autorité.
1.3.2.1. L'autorité
polyphonique repose sur l'idée que l'énoncé
comporte deux dires: un dire1, équivalent de
asserter, et un dire2 , équivalent
de montrer. Ce second dire2 sert à montrer
la parole comme contrainte, il témoigne de la modalité
énonciative. Cette caractérisation de la parole en termes
du dire2 n'est pas justiciable d'une appréciation
en termes de vérité ou de fausseté.
Inscrite dans la
langue, l'autorité polyphonique comporte - selon O. DUCROT (1984:
154) deux étapes:
(a) Le locuteur
L introduit dans son discours un énonciateur (qui peut être
lui-même ou quelqu'un d'autre) assertant une proposition P. Il
« montre » donc une voix, qui n'est pas forcément la
sienne. Cette assertion « montrée » est analogue aux
actes de promesse, d'ordre, de question dans les énoncés
promissifs, impératifs ou interrogatifs.
(b) Il appuie sur
cette première assertion une seconde assertion, relative à
une autre proposition Q. Ce faisant, le locuteur s'identifie avec le
sujet qui asserte Q. Et il le fait en se fondant sur une relation logique
entre les propositions P et Q, sur le fait que l'admission de P rend
nécessaire, ou en tout cas légitime, d'admettre Q. Ayant
donc pris pour établi que P entraîne Q, « le locuteur
se donne, à partir d'une assertion de P, le droit d'asserter
Q: l'existence montrée (dire2) d'une assertion de
P fonde ainsi une assertion de Q, ce rapport étant garanti par
une relation entre les propositions P et Q » (O. DUCROT, 1984:
154).
Ce mécanisme
apparaît dans le discours suivant:
(7) Il paraît
qu'il va faire beau beau: nous devrions sortir.
L'emploi de il
paraît dans le premier énoncé « montre
» des énonciateurs assertant la proposition P exprimée
par la complétive Il va faire beau; l'énonciateur
est différent du locuteur. Il paraît représente
une assertion montrée et non pas assertée, fait confirmé
par l'impossibilité d'enchaîner sur cette assertion:
(8) * Il y a
toujours de optimistes: ainsi il paraît qu'il va faire beau.
Bien que l'assertion
introduite par Il paraît ne soit pas prise en charge par
le locuteur L, mais montrée comme celle d'un énonciateur
étranger, elle constitue, dans le discours de sous (7), le point
de départ d'un raisonnement et sert à justifier une autre
assertion, celle de la proposition Q, exprimée par le deuxième
énoncé. Cette dernière sera,
par contre, prise
en charge par L. Dans les propres termes de DUCROT, L s'identifie au
seul énonciateur du second énoncé.
C'est là
le cas d'une argumentation par autorité: « l'énonciateur
de P joue le rôle d'une autorité en ce sens que son dire
suffit à justifier L de devenir à son tour énonciateur
de Q, en se fondant sur le fait que la vérité de P implique
ou rend probable celle de Q » (O. DUCROT, 1984: 155).
1.3.2.2.
Pour ce qui est du raisonnement par autorité, cette deuxième
forme d'argumentation par autorité correspond au mode de démonstration
que les philosophes cartésiens et PASCAL attribuent aux scolastiques
et qu'ils condamnent comme incompatible avec l'existence, chez l'individu,
d'une faculté lui permettant de pouvoir séparer par lui-même
le vrai et le faux.
La thèse
que DUCROT défend à ce sujet est la suivante:
« On ne peut
conclure, dans un discours, de la proposition X asserte que
P à la proposition P, ces deux propositions étant
présentées séparément, que si la première
proposition (X asserte que P) est l'objet d'une assertion (dire1);
la conclusion est impossible si X asserte que P est seulement
montré (dire2). Autrement dit, la prémisse
d'un raisonnement par autorité, dans un discours suivi, doit
être l'assertion d'une assertion, et non pas la simple monstration
d'une assertion » (O. DUCROT, 1984: 159).
Cette thèse
explique la bonne formation de l'enchaînement (9) et l'agrammaticalité
de l'enchînement (10):
(9) On m'a dit
que Pierre viendrait. Je pense donc qu'il va venir.
(10) * Il paraît
que Pierre viendra. Je pense donc qu'il va venir.
Ce long commentaire
de l'argument d'autorité met en lumière les différentes
interprétations d'un même paralogisme ou sophisme.
Des théories
complémentaires arrivent ainsi à éclairer un même
objet du discours.
1.4. Argumentum
a fortiori repose sur l'idée 'd'autant plus' et de
'plus sûr'. À sa base se trouve le syllogisme: si tous
les hommes sont mortels, alors a fortiori tous les Roumains,
une sous-classe des humains, doivent être mortels.
Cet argument n'est
pas sans rapport au 'topos graduel' de O. DUCROT et à tous les
phénomènes discursifs de nature scalaire.
1.5. Argumentum
ad verecundiam (ou argumentation qui fait appel au respect). Introduit
par J. LOCKE pour signifier l'appel au respect et à la soumission
dus à une autorité, mais à une autorité
nullement pertinente pour le domaine de la discussion, ce type d'argument
utilise un schèma argumentatif inadéquat, en présentant
un point de vue comme juste parce qu'une autorité soutient qu'il
est juste.
Les paralogismes
étant conçus comme des violations des règles de
la discussion critique, Fr. VAN EEMEREN et R. GROOTENDORST (1996: 236)
estiment qu'il y aurait deux variantes de l'argumentum ad verecundiam:
(i) esquiver la charge de la preuve en se portant personnellement garant
de la justesse du point de vue et (ii) défendre un point de vue
par des moyens de persuasion non argumentatifs, en exhibant ses qualités
personnelles.
L'argumentum
ad verecundiam viole la règle de la discussion critique suivante:
Une partie ne doit pas considérer qu'un point de vue a été
défendu de façon concluante si cette défense n'a
pas été menée selon un schéma argumentatif
adéquat et correctement appliqué (C'est la règle
VII de Fr. VAN EEMEREN et R. GROOTENDORST, 1996: 230). La variante (i)
de cet argument viole la règle II de la discussion critique:
La partie qui a avancé un point de vue est obligée de
le défendre si l'autre partie le lui demande, et la variante
(ii), en tant que paralogisme éthique, viole la règle
IV: Une partie ne peut défendre son point de vue qu'en avançant
une argumentation relative à ce point de vue.
1.6. Argumentum
ad ignorantiam (ou argumentation sur l'ignorance) est, selon J.
LOCKE, la stratégie employée par ceux qui demandent à
l'adversaire d'admettre ce qu'on leur présente comme preuve,
ou bien d'en fournir une meilleure.
Fr. VAN EEMEREN
et R. GROOTENDORST donnent à cet argument les deux formes suivantes:
(i) Transférer
la charge de la preuve dans une dispute non
mixte en exigeant
de l'opposant qu'il montre que le point de vue du proposant est faux.
(ii) Radicaliser
l'échec de la défense en concluant qu'un point de vue
est vrai simplement parce que l'opposé n'a pas été
défendu de façon concluante.
1.7. Argumentum
ad misericordiam consiste à mettre la pression sur l'adversaire
en jouant sur ses sentiments ou ses intérêts. Ce type d'argument
est constamment mobilisé dans certains types de discours persuasifs:
les discours politiques et électoraux, la publicité, etc.
La règle
de la discussion critique violée est la suivante: les partenaires
d'une argumentation ne doivent pas faire obstacle à l'expression
ou à la mise en doute des points de vue. Et cette violation s'y
fait par rapport à l'opposant, car on y joue sur ses sentiments
de compassion ou en le menaçant de sanctions (C'est la règle
I du paradigme des dix règles de la discussion critique de Fr.
VAN EEMEREN et R. GROOTENDORST (1996).
Comme paralogisme
éthique, l'argumentum ad misericordiam vise à gagner
les faveurs de l'auditoire en se présentant comme un homme ordinaire.
1.8. Argumentum
ad populum (ou sophisme démagogique), variante de l'argumentation
ad verecundiam, repose sur l'utilisation d'un schéma argumentatif
inadéquat, en présentant un point de vue comme juste parce
que tout le monde pense qu'il est juste. Par ailleurs, cet argument
consiste à défendre un point de vue en utilisant des moyens
de persuasion non argumentatifs et en jouant sur les sentiments de l'auditoire.
À ce sujet, il est apparenté à l'argument précédent.
1.9. Argumentum
ad judicium se fonde sur le jugement et sur la nature des choses.
Seule forme valide d'argumentation selon J. LOCKE, à l'opposé
des trois arguments: ad hominem, ad ignorantiam et ad
verecundiam que le philosophe anglais rejette, cet argument repose
sur les preuves issues des fondements de la connaissance ou de la probabilité.
Selon J. LOCKE, seule cette argumentation peut produire du
savoir.
1.10. Le
paralogisme de composition repose sur la confusion des
propriétés des parties et du tout, en attribuant au tout
une propriété d'une partie relative ou liée à
la structure. La règle de la discussion critique violée
est la règle VIII: Une partie ne doit utiliser que des arguments
logiquement valides, ou susceptibles d'être validés moyennant
l'explicitation d'une ou plusieurs prémisses.
1.11. Le
paralogisme de division est basé sur la confusion des propriétés
des parties et du tout, en attribuant à une partie une propriété
du tout relative ou liée à la structure. Complémentaire
au paralogisme précédent, cet invariant viole également
la règle VIII.
1.12. La
fausse analogie consiste en l'emploi incorrect du schéma
argumentatif de l'analogie, alors que les conditions d'une comparaison
correcte ne sont pas remplies.
1.13. Ignoratio
elenchi (argumentation non pertinente) consiste à avancer
des argumentations sans rapport avec le thème de la discussion.
1.14. Petitio
principii (Pétition de principe, raisonnement circulaire)
consiste à présenter à tort quelque chose comme
une prémisse partagée en avançant une argumentation
équivalente à la prémisse.
La règle
de la discussion critique violée par ce principe est la suivante:
Une partie ne doit pas présenter une prémisse comme un
point de départ accepté alors que tel n'est pas le cas.
Elle ne doit pas non plus refuser une prémisse si elle constitue
un point de départ accepté. C'est la règle VI de
la taxinomie de Fr. VAN EEMEREN et R. GROOTENDORST (1996: 230).
1.15. Post
hoc ergo propter hoc. Ce sophisme consiste à utiliser incorrectement
un schéma argumentatif causal adéquat, en déduisant
une relation de cause à effet de la simple observation que deux
événements ont lieu l'un après l'autre.
1.16. Secundum
quid (ou généralisation hâtive) repose sur l'emploi
incorrect du schéma argumentatif de la concomitance, en procédant
à des généralisations fondées sur des observations
non représentatives ou insuffisantes.
1.17. Argumentum
ad consequentiam consiste à utiliser un schéma argumentatif
(causal) inadéquat conduisant à rejeter un point de vue
descriptif en raison de ses conséquences indésirables.
1.18. Affirmation
du conséquent. Ce paralogisme est basé sur la confusion
des conditions nécessaires et suffisantes, en considérant
qu'une condition nécessaire est suffisante.
1.19. Le
paralogisme d'ambiguïté, joint à celui de
l'obscurité structurelle, de l'implicite, de l'étrangeté
et du vague, exploite l'ambiguïté référentielle,
syntaxique, sémantique ou pragmatique. La règle de la
discussion critique violée est la règle X. Celle-ci postule
que les parties ne doivent pas utiliser des formulations insuffisamment
claires ou d'une obscurité susceptible d'engendrer la confussion;
chacune d'elles doit interpréter les expressions de l'autre partie
de la façon la plus soigneuse et la plus pertinente possible
(Voir Fr. VAN EEMEREN et R. GROOTENDORST, 1996).
Cette règle
de la discussion critique reflète le fonctionnement de l'axiome
de la manière, propre au principe gricéien de la coopération.
1.20. Le
sophisme de l'épouvantail consiste à attribuer un
point de vue fictif à l'autre partie ou à déformer
son point de vue. C'est une violation de la règle III établie
dans la théorie de la Nouvelle Dialectique: L'attaque
doit porter sur le point de vue tel qu'il a été avancé
par l'autre partie.
*
*
*
Il est à
remarquer que cette taxinomie des arguments conçus comme des
sophismes et paralogismes met en uvre une large gamme fonctionnelle
de normes, qui n'est pas restreinte à la seule validité
formelle.
Le modèle
pragma-dialectique définit les règles du discours argumentatif
raisonnable comme les règles de production des macro-actes de
langage dans une discussion critique destinée à résoudre
un différend. Les sophismes sont conçus comme des manvres
incorrectes qui violent les règles de la discussion critique.