DEUXIÈME PARTIE: VERS UN NOUVEL ORDRE
LITTÉRAIRE (XIVe-XVe SIÈCLES)

IX. LE ROMAN ET LA NOUVELLE AU XVe SIÈCLE

            À la fin du Moyen Âge, le roman semble être en perte de vitesse. La veine arthurienne s'épuise et, bien que l'on goûte encore les grandes sommes romanesques des siècles précédents, on voit apparaître de nouveaux motifs et un ton nouveau.
            La prose devient à partir du XIVe siècle la forme narrative par excellence et, malgré quelques survivances isolées du vers, tel le Méliador de Jean Froissart, composé entre 1365 et 1380 et remontant aux temps pré-arthuriens pour y fixer l'origine de la chevalerie, on recourt de plus en plus à la technique du dérimage, en essayant d'adapter au goût du public chansons de geste et romans en vers.
            D'autre part, l'esprit critique et l'inquiétude propres à «l'automne du Moyen Âge» mettent de plus en plus en question le modèle courtois, en assignant au roman une dimension didactique et satirique. C'est dans cette voie que s'inscrivent les Quinze Joies du Mariage (fin du XIVe ou début du XVe siècle), critique impitoyable des femmes et du mariage, ou encore le recueil des Cent Nouvelles Nouvelles (vers 1465), dont les histoires n'ont de vraiment nouveau que le désir de jouissance immédiate, préfigurant l'appétit de vivre de la Renaissance. Mais c'est surtout le Roman du Petit Jehan de Saintré d'Antoine de la Sale (1456) qui, empruntant la forme du roman d'apprentissage, dénonce systématiquement le modèle chevaleresque et courtois et fait sonner le glas de l'éthique de la fin'amors et des valeurs qu'elle affirme.

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Comments to: Mihaela VOICU; Text editor: Laura POPESCU; Last update: July, 2002